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Facturation électronique : la conformité technique n'est que la partie visible de l'iceberg

Par Fabien Baudot —

Voilà plusieurs mois que je travaille sur la réforme de la facturation électronique pour un groupe hôtelier. Le secteur est un terrain d'observation particulièrement riche : facturation entre entreprises, facturation aux particuliers, et toute la zone intermédiaire — les agences de voyages, les voyageurs d'affaires qui réservent à titre individuel puis se font rembourser, la multiplicité des canaux de distribution, la restauration. Peu de secteurs cumulent autant de cas de figure.

La course à la conformité des éditeurs masque l'essentiel

Depuis dix-huit mois, l'attention se concentre sur une question : mon éditeur sera-t-il prêt ? C'est une question légitime, mais elle occupe presque tout l'espace disponible, et elle laisse dans l'ombre deux enjeux qui décideront réellement du succès ou de l'échec.

Premier enjeu : la qualité de la donnée client

Une facture électronique est routée par des identifiants. Un code postal manquant, un numéro de TVA intracommunautaire erroné, une information de routage incorrecte, et la facture est rejetée techniquement — avant même d'arriver chez le client. Ce n'est pas un refus commercial que l'on peut négocier au téléphone : c'est un rejet automatique au dépôt.

Or la plupart des référentiels clients contiennent des données saisies il y a des années, jamais revérifiées depuis. Les entreprises changent de dénomination, déménagent, fusionnent, cessent leur activité. Un référentiel qui n'a pas été confronté aux registres publics depuis longtemps contient mécaniquement des erreurs, et jusqu'à présent ces erreurs étaient absorbées par des humains. Elles ne le seront plus.

Second enjeu : l'organisation des processus

Lorsque les plateformes seront activées, des anomalies apparaîtront — c'est certain, quel que soit le niveau de préparation. La vraie question est de savoir si l'organisation saura les détecter rapidement, comprendre leur origine, et les résoudre avant que la trésorerie ne s'en ressente.

Cela suppose que quelqu'un soit responsable du suivi des rejets, que le circuit de correction soit défini à l'avance, et que les équipes comptables, commerciales et informatiques sachent qui fait quoi. Ces sujets se traitent avant la bascule, pas pendant.

Ce qui décidera réellement du résultat

La conformité technique est nécessaire mais elle ne suffit pas. La réussite reposera sur la qualité des données, sur l'adaptation des processus métier, et sur la coordination entre les équipes informatiques, financières, commerciales et les partenaires externes.

Ce sont trois chantiers d'organisation, pas trois chantiers techniques. Ils demandent du temps calendaire qu'aucun budget ne peut compresser — raison pour laquelle il vaut mieux les avoir commencés.

Une première version de ce texte a été publiée sur LinkedIn. Si le sujet du référentiel client vous concerne, Base Sociétés traite précisément ce problème.

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